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L'enneigement

Les milieux de montagne se caractérisent par la présence d’un manteau neigeux important en hiver. La température diminuant avec l’altitude, le manteau neigeux peut-être persistant sur une longue période en montagne, influençant directement les cycles saisonniers et le développement de certaines espèces.

 

Enneigement à Loriaz

Enneigement à Loriaz © CREA Mont-Blanc

 

 

Effet de la neige sur la végétation

Les plantes ne peuvent commencer leur développement en présence de neige. Pourtant, celle-ci est extrêmement importante puisqu’elle représente une énorme réserve d’eau disponible sur place. Au printemps, la fonte offre un apport d’eau primordial, au moment où les plantes en ont le plus besoin pour le lancement de leur croissance.

L’influence de la neige sur les plantes n’est presque jamais prise en compte dans les études scientifique, et ceci est principalement dû au fait que la majorité des suivis sont réalisés en plaine. En montagne pourtant, ce paramètre est utilisé comme variable explicative dans les modèles phénologiques appliqués au milieu alpin.

Au CREA Mont-Blanc, des recherches vont débuter en 2017 pour déterminer quels sont les effets de la neige sur la végétation et comment en particulier comment sa présence ou son absence influence les dates importantes des cycles saisonniers comme le débourrement.

 

 

Effet de la neige sur les animaux

La présence de la neige influence aussi la phénologie des animaux, de manière directe ou indirecte. Par exemple, la phénologie de la reproduction du lagopède alpin (Lagopus muta), herbivore, est indirectement influencée par la présence de neige. La demande de nourriture des poussins est synchronisée avec le pic de ressource dans l’environnement, lorsque la qualité nutritionnelle de la végétation est optimale. En cas de fonte tardive, le lagopède est contraint de pondre plus tard et inversement en cas de fonte précoce pour garantir la synchronisation, dont dépend la survie des jeunes.

Les grenouilles, quant à elles, sont un bon exemple de l’effet direct de la neige sur la phénologie de la reproduction. En effet, sur nos deux sites d’études à Vallorcine (1 300 m d’altitude) et à Loriaz (1 900 m d’altitude), les dates des premières pontes de grenouilles rousses sont fortement corrélées à la date de déneigement.

 

Relation entre les dates de 1ère ponte et de fonte de la neige © CREA Mont-Blanc

 

Le graphe ci-dessus représente la relation entre la date de la première ponte des grenouilles rousses et la date de fonte de la neige pour 5 mares suivies en 2009 (jaune), 2010 (noir) et 2011 (rouge). Les dates sont présentées en jour julien, soit le nombre de jours depuis le premier janvier (1er février = jour 31, 1er mars = jour 60, 1er avril = jour 91, 1 mai = jour 121...).

Au-delà de l’effet sur la phénologie, la présence de neige, sa quantité et sa qualité influencent de manière plus ou moins prononcée la survie, la reproduction et la distribution des espèces animales. Par exemple, le risque de prédation d’un chevreuil ou d’un mouflon est plus élevé sur la neige que celui d’un chamois qui possède une membrane interdigitale lui permettant de se déplacer plus vite dans la neige.

 

 

 

Pour en savoir plus

Publications scientifiques associées :

Yoccoz et al. 2011, Impact des changements climatiques sur les écosystèmes alpins : comment les mettre en évidence et les prévoir ? – Revue de géographie alpine, Journal of Alpine Research

García-González et al. 2016, Influence of snowmelt timing on the diet quality of pyrenean rock ptarmigan (Lagopus muta pyrenaica): implication for reproductive success – PlosOne