L’Atlas du Mont-Blanc est un laboratoire collaboratif où citoyens, chercheurs
et décideurs participent au suivi des milieux alpins

Saisir une observation

La neige

Les milieux de montagne se caractérisent par la présence d’un manteau neigeux important en hiver. La température diminuant avec l’altitude, le manteau neigeux peut-être persistant sur une longue période en montagne, influençant directement les cycles saisonniers et le développement de certaines espèces.

 

 

 

 

Effet de la neige sur la phénologie de la végétation

Les plantes ne peuvent commencer leur développement qu’après la fonte de la neige. Pourtant l'influence de la neige sur la phénologie des plantes n’est presque jamais prise en compte dans les études, et ceci est principalement dû au fait que la majorité des suivis sont réalisés en plaine. En montagne pourtant, ce paramètre est utilisé comme variable explicative dans les modèles phénologiques appliqués au milieu alpin. Ainsi, des résultats préliminaires semblent indiquer que la neige influence, par l’intermédiaire de la température du sol, les dates importantes des cycles saisonniers comme le débourrement.

Pour plus d’informations sur la phénologie de la végétation, consultez le site Phénoclim.

 

 

 

Effet de la neige sur les animaux

La présence de la neige influence aussi la phénologie des animaux, de manière directe ou indirecte. Par exemple, le lagopède alpin des Pyrénées (Lagopus muta pyrenaica), herbivore, pond de manière à ce que l’éclosion des œufs corresponde au pic de qualité nutritionnelle de la végétation. En cas de fonte tardive, le lagopède pond alors plus tard et inversement en cas de fonte précoce, de façon à essayer de se synchroniser avec le pic de ressources. Ainsi, la phénologie de la reproduction du lagopède alpin est indirectement influencée par la présence de neige.

Les grenouilles, quant à elles, sont un bon exemple de l’effet direct de la neige sur la phénologie de la reproduction. En effet, sur nos deux sites d’études à Vallorcine (1300m d’altitude) et à Loriaz (1900m d’altitude), les dates des premières pontes de grenouilles rousses sont fortement corrélées à la date de déneigement.

Relation entre la date de la première ponte des grenouilles rousses et la date de fonte de la neige pour 5 mares suivies en 2009 (jaune), 2010 (noir) et 2011 (rouge). Les dates sont présentées en jour julien, soit le nombre de jours depuis le premier janvier.

Au-delà de l’effet sur la phénologie, la présence de neige, sa quantité et sa qualité influencent de manière plus ou moins prononcée la survie, la reproduction et la distribution des espèces animales.

Par exemple, le risque de prédation d’un chevreuil ou d’un mouflon est plus élevé que celui d’un chamois qui possède une membrane interdigitale lui permettant de se déplacer plus vite dans la neige.

 

 

 

Pour en savoir plus

Publications scientifiques associées :

Yoccoz et al. 2011, Impact des changements climatiques sur les écosystèmes alpins : comment les mettre en évidence et les prévoir ? – Revue de géographie alpine, Journal of Alpine Research

García-González et al. 2016, Influence of snowmelt timing on the diet quality of pyrenean rock ptarmigan (Lagopus muta pyrenaica): implication for reproductive success – PlosOne